«La Fontaine» Erik Orsenna de l’Académie française

 

« Depuis l’enfance, il est notre ami.

Et les animaux de ses  Fables, notre famille.

Agneau, corbeau, loup, mouche,  grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés.

Malicieuse et sage compagnie !

Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus  grand poète de notre langue française ?

Voici une promenade au pays vrai d’un certain tout petit  Jean, né le 8 juillet 1621, dans la bonne ville de Château-Thierry, juste à l’entrée de la Champagne. Bientôt voici Paris,  joyeux Quartier latin et bons camarades : Boileau, Molière,  Racine.

Voici un protecteur, un trop brillant surintendant des  Finances, bientôt emprisonné.

On ne fait pas sans risque  de l’ombre au Roi Soleil.

Voici un très cohérent mari : vite cocu et tranquille de l’être,  pourvu qu’on le laisse courir à sa guise.

Voici la pauvreté, malgré l’immense succès des Fables.

Et, peut-être pour le meilleur, voici des Contes.

L’Éducation  nationale, qui n’aime pas rougir, interdisait de nous les  apprendre.

On y rencontre trop de dames « gentilles de  corsage ».

Vous allez voir comme La Fontaine ressemble à la vie :  mi-fable, mi-conte.

Gravement coquine. »

Erik Orsenna de l’Académie française

«Mon père, ma mère et Sheila» Eric Romand

C’est l’album d’une famille, issue d’un milieu populaire, avec ses codes, ses tabous, ses complexes, son ignorance, ses contentieux, dans les années 70 et 80.
Le narrateur y raconte son enfance solitaire au milieu des turbulences.
Pour son entourage, il a des goûts bizarres, des attitudes gênantes, des manières qui provoquent la colère de son père et la désolation de sa mère.
Il dessine des robes et coiffe les poupées de sa sœur.
Il fait son possible pour ne pas ajouter au malaise.
Pour s’échapper, il colle son oreille à son mange-disque.
Regarde les émissions de variétés scintillantes…
Et admire une célèbre chanteuse  dont il aime les robes à paillettes, les refrains joyeux.
Il voudrait être elle.
Il voudrait être ailleurs.
Un premier roman tout en sensibilité sur fond de nostalgie douce amère et d’humour salutaire.
 

«Les rameaux noirs» Simon Liberati

Lorsque son père, le poète surréaliste André Liberati est touché par une crise de délire, l’écrivain Simon Liberati s’interroge  : qu’est-ce que la création ?

Qu’est-ce que ce mouvement mystérieux de l’inspiration, en prose et en poésie  ?

Il y a deux ans, il avait publié Eva, aujourd’hui il revient à l’autobiographie, en racontant les jours merveilleux de son enfance, la présence singulière de son père, la figure muette et obsédante d’un frère mort à un an, l’expérience du feu qu’est l’écriture.

Quand on est le filleul d’Aragon, et qu’on a vu de près l’amitié complexe de Breton pour son père, on sait que l’écriture est engagement et impulsion.

Un autoportrait saisissant.

«Même Dieu ne veut pas s’en mêler» Annick Kayitesi-Jozan

meme dieu ne veut pasamazon11

« Aucun d’eux ne m’a dit où était maman.

J’accepte que jamais maman n’aura de sépulture, et je comprends que jamais je ne serai en paix.

Maman savait qu’elle allait mourir.

Mais elle ne savait pas qu’elle serait jetée aux charognards.

Je me dois d’être sa tombe, aussi longtemps que ses os traîneront quelque part sur ces collines.

Vivante, elle m’a portée dans son ventre, elle m’a nourrie de son sein, elle m’a portée sur son dos, elle m’a aimée.

Morte, je la porterai, dans mon ventre, sur mon dos.

Partout, tout le temps. »

A K-J

En kinyarwanda, « au-revoir » se dit : « Prends soin de survivre à la journée ».

Annick Kayitesi-Jozan a survécu au génocide des Tutsis en 1994, au Rwanda.

Elle avait 14 ans.

Sa mère, son petit frère, une grande partie de sa famille ont été massacrés.

Réfugiée en France, elle apprend au qutodien à vivre avec les morts, et avec les siens.

Désormais, elle doit répondre aux questions de ses enfants.

Alors, elle se souvient.

Elle remonte le temps jusqu’à la cuisine pleine de suie où, pendant les tueries, elle sert de bonne aux voisins qui viennent de dénoncer sa mère.

Hantée, Annick Kayitesi-Jozan fait converser les bourreaux et les victimes, se télescoper les naissances et les disparitions, la mémoire et le présent.

Sa voix singulière est portée par une écriture intime, poétique et poignante.

Annick Kayitesi-Jozan a demandé et obtenu la nationalité française en 1996.

Son rêve, étudier la médecine comme son père.

Finalement ce seront les sciences politiques et la psychologie.

Soucieuse de préserver la mémoire des siens, Annick se bat contre l’oubli, contre la banalisation du génocide des Tutsis et des crimes contre l’humanité.

«Les Amnésiques» Géraldine Schwarz

Les Amnésiques - Géraldine Schwarzamazon11

 

Dans la ville allemande de Mannheim d’où est originaire son père, Géraldine Schwarz part à la recherche de l’héritage du national-socialisme dans sa propre famille et découvre que son grand-père Karl Schwarz a acheté en 1938 une entreprise à un juif, Sigmund Löbmann, qui périt ensuite avec les siens à Auschwitz.

Après la guerre, confronté à un héritier qui lui demande de l’argent, Karl Schwarz tente de se dérober à ses responsabilités passées.

Cette découverte est le point de départ pour l’auteure d’une enquête passionnante sur les traces du travail de mémoire accompli en Allemagne sur trois générations.

À l’aube des révoltes étudiantes de 1968, la rencontre de son père avec une Française, qui deviendra sa mère, est l’occasion d’une comparaison avec la France où l’amnésie a ouvert une brèche dangereuse dans laquelle s’est engouffrée l’extrême-droite. En élargissant son enquête à d’autres pays comme l’Italie, l’Autriche, et les pays de l’Est, Géraldine Schwarz montre que cette amnésie est en train de détruire la mémoire de l’Europe

«Colombe sous la lune» Laurence Campa

 

De Erich Maria Remarque à Pierre Lemaître, la Grande Guerre a été tant racontée, mais elle nous remue encore.

Pourquoi  ?

Parce que dans cette période de cauchemar précipité, la vie semble plus dense  : les amitiés, les trahisons, les amours rêvées, la jeunesse perdue.

Laurence Campa imagine un personnage de poilu tout juste sorti de l’enfance, qui semble tombé là par hasard, comme un Fabrice del Dongo transporté en 1915.

Thomas part à la guerre.

Thomas a fui Colombe, une jeune femme dont il rêve, à qui il parle au fond de lui, sur qui il compte comme échappatoire, comme douceur, comme rêvasserie heureuse.

La réalité, elle, revient à lui, et comme le jour suit la nuit, la nuit gagne en retour du terrain  ; Thomas doit résister, il va s’abîmer et grandir.

Par ces pages qui révèlent un talent de reconstitution impressionnant, on éprouve ses «  orages d’acier  », qui détruisent tout sur leur passage.

Il y a la boue des tranchées que les jeunes soldats ont appelées L’Etoile de mer, les trous d’obus, les tactiques muettes, mais aussi le silence de l’attente, l’espoir minuscule.

Et le retour à la vie.

Un roman court et soufflant, porté par une atmosphère lunaire.

«La Cible était française» Lee Child

La Cible était françaiseamazon11

« Jack Reacher est le nouveau James Bond. 

Le héros dont on ne se lassera jamais. 

Je lis chaque nouvelle aventure dès qu’elle paraît. 

Et, fait notable qui ne gâche rien, l’auteur est vraiment un chic type.  » 

Ken Follett dans The New York Times

 
Émoi dans tous les services de sécurité du monde : un inconnu vient de tirer sur le président de la République française à Paris, et la balle est américaine.

Le sniper a touché l’écran de protection à la distance phénoménale de 1 400  mètres et l’avertissement est clair : la prochaine fois, ce sera au sommet du G8.

Et Dieu sait combien il y fera de victimes.

Mais qui est ce tireur d’élite ?

Seuls quatre hommes sont susceptibles d’avoir accompli cet exploit, et l’un deux, John Kott, est un Américain que Jack Reacher a fait mettre en prison quinze ans plus tôt.

Aujourd’hui libéré, l’homme reste introuvable.

Et c’est Jack Reacher que l’armée missionne en secret pour mettre la main sur le tireur.

Entre Paris et Londres, en tandem avec une jeune analyste, Reacher va se retrouver en butte à toutes sortes d’individus des services spéciaux russes, anglais et français, sans compter des assassins serbes et autres traîtres.

Sa mission n’a jamais été aussi périlleuse.

«Mes pas vont ailleurs» Jean-Luc Coatalem

Mai 1919.

Victor Segalen est retrouvé mort, couché dans un petit bois, au cœur du Finistère.

Partant du mystère qui entoure la mort de Segalen, suicide  ?

accident  ?

Jean-Luc Coatalem suit les empreintes de l’écrivain-voyageur, breton, comme lui, Brestois, aussi.

Militaire, marin et poète, auteur d’une œuvre labyrinthique que, de son vivant, personne n’aura soupçonnée.

En 1903, Segalen pélerine sur les traces de Gauguin, aux îles Marquises.

En 1905, à Djibouti, sur celles de Rimbaud.

En 1909, il traverse la Chine, en jonque, en train et à cheval, et il recommencera.

En 1910, il se risque dans le dédale de la Cité interdite de Pékin, derrière un séduisant jeune homme, espion et amant de l’impératrice.

Puis il réside seul à Hanoi, rêve au Tibet, et achète son opium.

Il meurt à quarante et un ans, dans la forêt légendaire du Huelgoat, un Shakespeare à la main, la jambe entaillée, au-dessus d’un Gouffre, loin de son épouse et de cette autre femme qu’il aime.

Revisitant l’œuvre de Segalen, les lettres à ses deux amours, ses nombreux voyages, Coatalem fait apparaître les résonances, nombreuses, la complicité littéraire et l’écrivain compagnon, composant par ces prismes mêlés, le roman de sa vie, au plus près d’un Segalen vivant et vibrant.

« Demain sera tendre» Pauline Perrignon

Une fille, un père.
Un homme tendre et têtu, qui voit sa famille grandir et ses espoirs s’éteindre.
Lui qui croyait à une France construite sur une gauche généreuse, sur un syndicalisme réformateur, une presse moderne et utopique, cet homme de convictions voit la mélancolie le gagner.
Mais il a un foyer où vivent sa femme et ses quatre filles, et tout au fond de lui, il transmet le flambeau à la nouvelle génération.
L’amour de la musique, des lettres, de la liberté.
Ce texte repose sur une belle alchimie : il expose avec franchise, humour et douceur le regard d’une fille sur son père parti trop tôt.
Un premier roman remuant.
 

«Un dissident» François-Régis de Guenyveau

 

 » Et au moment où il sut qu’il n’était plus vraiment un homme, il le devint.  »
 
Partout, au coeur des sociétés d’opulence, naît le rêve d’un monde nouveau : un monde de tous les possibles, où l’Homme s’affranchirait enfin des limites de la nature.
 
Christian, jeune prodige scientifique, veut y prendre part.
 
Il va participer à un projet de grande envergure : façonner l’homme de demain.
 
Mais face à un tel enjeu, dans la solitude de son bureau, Christian s’interroge.
 
Inadapté, incapable de nouer des relations, il se heurte à sa propre énigme.
 
Et si la science n’était pas le seul moteur de l’évolution humaine ?
 
Roman d’anticipation et quête initiatique se mêlent dans ce récit troublant, au centre des questions éthiques et philosophiques contemporaines.
 

Un dissident est le premier roman de François-Régis de Guenyveau.

 
 
François-Régis de Guényveau a 28 ans.
 
Il travaille dans le conseil en stratégie après avoir, entre New-York, Madras et Saïgon, travaillé dans le marketing digital.
 
Un Dissident est son premier roman.