«La Minette de Sikirida», par RACHID EL-DAÏF

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La pauvre minette de Sikirida, inlassablement à la recherche d’un abri, n’apparaît que très subrepticement dans ce roman de Rachid el-Daïf, mais elle est la métaphore de tous les personnages dont il raconte l’histoire douloureuse dans le contexte d’une guerre atroce et interminable : Sikirida d’abord, la bonne éthiopienne qui couche de gré ou de force avec des hommes de passage et qui finit par tom­ber enceinte et donner naissance à un enfant de père inconnu ; sa maîtresse, Mama Adiba, une dame de soixante-dix ans, musulmane pieuse sans bigoterie, qui vit seule après bien des vicissitudes, éprouve de la tendresse pour sa bonne et s’efforce de lui trouver un mari “temporaire” pour lui épargner le scandale ; Radwân, le fils de Sikirida, qui se fraye difficilement son chemin dans la vie malgré la sollicitude attentive de Mama Adiba ; Amal, la jeune fille handicapée, aban­donnée dès sa naissance, avec sa mère, par un père indigne, mais qui, devenue femme, assume pleinement son désir de maternité…

Toutes ces femmes se comportent avec un courage exemplaire, défiant le machisme ambiant que la violence guerrière a exacerbé.

Rachid el-Daïf leur rend hommage avec son talent habituel de conteur, sa langue souple qui ne s’interdit pas l’usage du parler libanais et un humour discret qui allège le pathétique des situations.

Né à Zgharta, au Liban, en 1945, Rachid el-Daïf enseigne la littérature arabe à l’université libano-américaine de Beyrouth.

Il est l’auteur de deux recueils de poèmes et d’une douzaine de romans dont six ont été édités en fiançais chez Actes Sud : Passage au crépuscule (1992), Cher monsieur Kawabata (1998), Learning English (2002), Qu’elle aille au diable, Meryl Streep ! (2004), Fais voir tes jambes, Léïla ! (2006) et Le Musicien et le Calife de Bagdad (2010).

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