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Christiane Grima-Riubrujent : « Quand on écrit, c’est d’abord pour se faire plaisir ».

Entretien avec Christiane Grima-Riubrujent, auteur du livre « Juste un peu de bleu dans le ciel ».

 

Qui êtes-vous ?

 

Je suis une femme ordinaire, divorcée et remariée, mère de quatre filles, qui a été confrontée à des accidents de parcours. Le chômage, les fins de mois difficiles, les huissiers, je connais. Et puis, j’ai repris des études à plus de quarante ans pour décrocher un diplôme de travailleur social et j’ai eu la chance qu’on me fasse confiance..

Quel est le thème central de ce livre ?

 

J’ai choisi le thème de la précarité et plus particulièrement la précarité des femmes seules avec enfants. C’est aussi le combat d’une femme en proie à une spirale infernale. Malgré tout, je tiens à préciser qu’il ne s’agit pas d’un roman noir car même dans des situations de vie difficile, des imprévus peuvent surgir.

Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

 

« Fatiguée par le poids d’une résignation insistante, une fois encore, elle s’était dit que sa vie ressemblait à un train fantôme qui révélait des monstres bondissant des ténèbres au hasard d’un virage. »

Cette phrase exprime la désespérance des personnes qui ne parviennent plus à maîtriser leur avenir et qui sont perpétuellement menacées de conditions de vie plus pénibles encore.

 

Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

 

Ce serait la chanson « Imagine » de John Lennon parce que sans être naïf, on a le droit de rêver et de croire en un demain meilleur qu’aujourd’hui.

Qu’aimeriez-vous partager avec les lecteurs en priorité ?

 

Ce que j’aimerais partager, c’est le sentiment d’espoir parce qu’il nous permet de nous projeter dans l’avenir et de concevoir un ailleurs envisageable. Mais l’espoir, ce n’est pas d’attendre en soupirant ou de rester immobile quand le bateau prend l’eau. Le véritable espoir est moteur de nos actions, il donne la force de se relever et d’avancer en échappant à la résignation.

 

Avez-vous des rituels d’écrivain ? (Choix du lieu, de l’horaire, d’une musique de fond) ?

 

Je dirai que l’écriture, c’est un peu mon sas de décompression après ma journée de travail. La plupart du temps, c’est le soir, entre 18 et 20 h, dans mon canapé, auprès de mon mari, en sirotant un verre. Je n’ai pas besoin de cérémonial pour écrire.

 

Comment vous vient l’inspiration ?

 

Elle me vient de la vie de tous les jours, de ce que je vois, ce que j’expérimente, ce que je lis, ce que j’apprends, ce que je ressens. Dans ce roman, c’est ma formation de travailleur social exposé en permanence à des situations de précarité aussi bien financières que sociales que j’ai voulu mettre en avant.

 

Comment l’écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent « un jour j’écrirai des livres» ?

 

Comme beaucoup d’adolescents, j’ai commencé par écrire des poèmes et des années plus tard, j’en écrivais encore. Ensuite, quand j’ai démarré des ateliers de théâtre en tant qu’animatrice, j’ai imaginé des sketches, des saynètes et des pièces plus longues interprétés par mes élèves. Et puis à l’âge de 60 ans, au cours d’un énième bilan de ma vie, j’ai ressenti le besoin de me libérer d’une partie de mon passé ou de mon présent (comme pour « Juste un peu de bleu dans le ciel ») et de permettre à une histoire d’exister dehors de moi.

 

Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

 

Mon premier coup de cœur littéraire a eu lieu vers l’âge de 14-15 ans avec les romans d’Archibald Joseph Cronin. Je me rappelle avoir lu « la Citadelle » en un après-midi. Un peu plus tard, en classe de seconde, mon professeur de français m’a fait apprécier l’œuvre d’Emile Zola et j’avais demandé à réaliser un exposé sur « Germinal ».

 

Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

 

En premier lieu à eux-mêmes ! Quand on écrit, c’est d’abord pour se faire plaisir, satisfaire un manque. De confiance, de reconnaissance… Ensuite quand l’action d’écrire devient un livre, l’écrivain sert de relais à la transmission et au partage. Au partage d’une réflexion, d’une contestation, d’un cri de gueule, d’un dépaysement, d’une découverte… Ou plus simplement d’une histoire de vie qui n’est pas la sienne mais qui est construite à partir d’éléments prélevés sur ses propres expériences et d’autres purement fictifs.

 

Résumé du Livre : 

« La fillette gisait dans une flaque écarlate et visqueuse.

Ses longs cheveux noirs s’éparpillaient en corolle autour de ses épaules.

Une plaie profonde encerclait son cou frêle, sa chemise de nuit ornée de papillons multicolores en plein envol était maculée de sang, ses yeux ouverts étaient légèrement bleutés par la mort, son visage semblait transi par la terreur, ses bras étaient étendus de part et d’autre de sa poitrine inerte et les paumes de ses mains étaient tournées vers le ciel comme pour implorer la pitié de son bourreau.

Près de son corps, un couteau de cuisine, dont la lame brillait par endroits et qui portait les stigmates du méfait » .

Délaissée par sa mère et née de père inconnu, Gwladys grandit dans le quartier chaud de la ville basse de Toulon, surnommé Chicago.

L’affection et la sécurité dont elle est privée, elle la trouvera auprès de Rosy, sa voisine.

Plus tard, la vie ne lui sourira pas davantage…

Dans un style très fluide, l’auteur prend à bras-le-corps un sujet sensible de la précarité, et nous livre par sa plume une histoire qui nous happe par la justesse de ses personnages et le choix des mots.

 

Biographie de l’auteur : 

Christiane Grima-Riubrujent est passionnée de théâtre et de littérature.

Elle est adjointe au maire dans un très beau village des Pyrénées-Orientales.

Après « Une vie en désordre » paru en 2015, ce second roman est né d’une nécessité personnelle et intime.

Ainsi, au travers du personnage de Gwladys et du parcours de vie, elle a tenu à manifester son attachement à sa profession de travailleur social.

 

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