«Colombe sous la lune» Laurence Campa

 

De Erich Maria Remarque à Pierre Lemaître, la Grande Guerre a été tant racontée, mais elle nous remue encore.

Pourquoi  ?

Parce que dans cette période de cauchemar précipité, la vie semble plus dense  : les amitiés, les trahisons, les amours rêvées, la jeunesse perdue.

Laurence Campa imagine un personnage de poilu tout juste sorti de l’enfance, qui semble tombé là par hasard, comme un Fabrice del Dongo transporté en 1915.

Thomas part à la guerre.

Thomas a fui Colombe, une jeune femme dont il rêve, à qui il parle au fond de lui, sur qui il compte comme échappatoire, comme douceur, comme rêvasserie heureuse.

La réalité, elle, revient à lui, et comme le jour suit la nuit, la nuit gagne en retour du terrain  ; Thomas doit résister, il va s’abîmer et grandir.

Par ces pages qui révèlent un talent de reconstitution impressionnant, on éprouve ses «  orages d’acier  », qui détruisent tout sur leur passage.

Il y a la boue des tranchées que les jeunes soldats ont appelées L’Etoile de mer, les trous d’obus, les tactiques muettes, mais aussi le silence de l’attente, l’espoir minuscule.

Et le retour à la vie.

Un roman court et soufflant, porté par une atmosphère lunaire.

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