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Ce que je pense du livre « enfance d’un chaman », le nouveau Anne Sibran.

 

J’ai ouvert le livre et je ne l’ai plus lâché. Je l’ai lu d’une traite !

On se trouve en Amazonie, ou non loin. En Amérique latine. À vrai dire, on ne sait pas encore où, mais on sait qu’on suit un père et qu’il court avec son enfant dans la forêt. 

« Ton père te lève, donc. Comme pour une chasse. Avec la même précipitation silencieuse et agile, et le même détachement aussi. Comme tu crois revenir vite, tu ne prends rien à quoi tu tiens. Le collier de ta mère restera à côté de ta couche, tu y repenseras souvent. ».

« Passé le bosquet de bananiers, il n’y a plus rien que tu connaisses. D’habitude, quand il entre dans la forêt sauvage, le chasseur ralentit, il prend le pas des bêtes. Où allez-vous ? On n’avance pas ainsi lorsqu’on part à la chasse. Comme tu n’oses arrêter ton père, que les mots s’étouffent dans ta gorge, tes petits pas s’encombrent d’une sourde appréhension. Bien que trottant derrière, tu cherches des repères, impatient, tellement impatient de retrouver ton hamac, de revenir déjà. Parce qu’il t’emmène. Hors des sentiers, loin du village, un peu plus loin à chaque pas. Au fil des heures, il n’y a plus que cette certitude qu’il t’emmène. Que tout ce chemin c’est pour toi. »

On comprend que le jeune garçon qui courait dans la forêt avec son père n’a que huit ans et qu’il est laissé seul en forêt pour un mois. Il va devoir survivre jusqu’au retour de celui-ci.

« On se souvient de tout, de chaque détail dans ces moments. Comme si le moindre mouvement d’insecte, le vol furtif d’un oiseau venaient s’arrondir pour se lover à l’amplitude exacte de ce que l’on ressent. Ce crépuscule sans lucioles. Cette forêt lourde autour de toi…

Parce qu’alors il se met à pleuvoir, et de sentir ces gouttes froides dans ton dos, tu te lèves pour crier.

Comme c’est le premier cri d’homme dans cette forêt intacte, il déchire la nuit naissante pour revenir aussitôt vers toi. L’écho est si pur de cette rage ricochant sur les troncs que tu prends peur que l’on t’entende. Que les esprits accourent, qu’ils t’envoient des visages grimaçants, des bêtes énormes, qu’ils fassent germer ces terreurs qui t’habiteraient à chaque instant.

À ce moment, précisément, quelque chose devant toi se met à bouger. Un frémissement d’abord, de plus en plus rapide. On dirait que le buisson s’apprête à bondir, habité d’une rage identique, à crier comme toi. Incapable de retrouver le couteau de ton père, le bracelet de plumes, la flûte et la pierre ronde, tu recules, hypnotisé par la frénésie des branches, cette forêt éruptive et vivante qui imite tes moindres mouvements.

Ton dos a senti le bord d’une écorce et l’on dirait que l’arbre s’ouvre, tes pieds s’enfoncent dans une sciure humide.

Dans cet abri, le sol te semble sec, ce pour quoi tu recules encore dans le ventre creux de cet arbre immense, oubliant toute prudence, ces trous servant souvent de refuges pour les bêtes ou les serpents. Mais il n’est plus rien que tu puisses ordonner à ton corps, fourbu de 17 fatigues et qui se clapit encore, avec une ardeur revêche, accroupie entre ses cuisses et grattant la sciure, s’y fouissant.

Ici la pluie n’entre pas. À peine le temps d’y songer, tu t’endors aussitôt. »

Qu’il est puissant ! Qu’il est bon ! Que j’ai aimé, adoré ! Ce livre, je le recommande, sans hésitation.

L’auteure a cette chose d’extraordinaire qui nous lie le cœur. Son style est tellement lisible et compréhensif que j’ai adoré tout ce qu’elle a dit dans ce livre.

Pour lire la suite, je vous invite à vous procurer le livre.

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