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Une certaine vision de l’Autre

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Nous, nous le clan qui avons toujours raison. Eux, eux les gens qu’il faut absolument soumettre. Ils sont idiots et nous ne leur accorderons pas ce droit à la différence. Ils n’ont pas le droit d’être idiots. Ils n’ont pas le droit de ne pas partager la même vision que nous. Nous les mettons vite fait dans la catégorie des « bêtes sauvages », dès qu’ils ne partagent pas la même conception que notre groupe. Il ne faut surtout pas qu’ils parlent. Personne ne doit les écouter. Ils sont stupides, illettrés, balourds, bêtes, bornés, crétins, etc…

On ne doit parler qu’avec des gens qui veulent le développement de l’Afrique. Un développement qui ressemble à nos pensées. Le développement comme nous avons décidé. On ne peut être développé que si nos pays ressemblent à celui des Européens et Américains.

En plus d’être des débiles, ils sont pauvres. Nous achetons leur terre à l’ ÉTAT et nous leur menons la vie difficile. Ils doivent nous respecter dès que l’on arrive au village. On doit leur montrer que l’argent est bon et les rendre dépendant de nos finances. Ils sont contents quand on leur envoie quelques litres d’huile de palme, des sacs de riz, du sel, etc, ces quelques cadeaux feront que l’on restera leur roi. Oui, leur roi. Pour quelques présents que nous leur donnons, ils ne sont bons qu’à fermer leur bouche et à boire à toutes nos paroles. Ça ne peut qu’être comme ça. Ceux qui ne sont pas d’accord n’ont qu’à crever ! oui qu’ils crêvent même tous ! On va les traumatiser pour qu’ils s’exilent.

Nous aimons le pouvoir, nous aimons voir dans les yeux de l’autre que l’on est respecté.

On ne supporte pas d’être contrarié ou remis en question. Celui qui est au-dessus de nous, non pas Dieu, mais le président, ministre, directeur ou haut cadre du parti, doit toujours avoir raison, parce qu’il fait partie de notre groupe. Le riche a besoin des yeux du pauvre pour l’admirer. Celui qui se fou de nos sous, doit être maté, on doit lui insérer dans son crâne qu’il en a besoin pour vivre. On enferme quelqu’un tout simplement parce que madame le ministre a dit qu’il ne l’a pas regardé d’un bon œil. On ne doit pas payer nos employés de façon constante, car demain, ils pourront être riches comme nous et cela est inacceptable. Alors on paye un mois et on fait un arriéré de quatre mois, comme ça l’employé s’endettera au quartier. Le jour où il se plaint, on l’enferme dans une prison dirigée par nos amis, sans qu’il ait été jugé.

Nous délocalisons les autochtones et nous les emmenons dans les villes, loin de leurs champs, pour les mettre à genoux aux pieds du riche, qui doit en faire son esclave. Le traditionaliste est idiot et ça ne peut pas être le contraire. Il ne faut surtout pas le laisser s’exprimer. Il faut qu’on lui fasse comprendre, et même de force, que son cerveau ne fonctionne pas bien et qu’il n’est pas en capacité à pouvoir donner une opinion.

Et à la télévision, la radio et la presse, nous n’invitons que des gens qui pensent comme nous. On ne réfléchit bien que quand on réfléchit comme nous. On se pavanne dans les rues uniquement avec ceux qui refléchissent comme nous ou pas très éloigné de nous. On boit des bières entre nous, on se marie entre nous et on meurt entre nous. Ils ne faut surtout pas se mélanger avec les autres.

On ne parle que de Museveni, Ouatara, Gbagbo, Soro, Banny, Bédié, biya, fru-ndi, garga, djotodia, bozizé, Samba-Panza, bongo, Jean-Ping, Ndao, Diabré, Niyombaré, Nkurunziza, Kabila, Matata-Ponyo, Kenyatta, Odinga, deby, Ngarlejy, Kiir, Riek, Jp Favre, Obiang-Nguema, Condé, Jammeh, Djibo, Okombim, etc.

Les citoyens qui sont dans des zones éloignées des villes n’ont pas droit à une parole publique, sauf s’ils prennent la parole et parlent comme nous souhaitons entendre…

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