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«La petite boutique des caractères» de Gabor

81211215« Un cimetière, c’est plein d’amour en retard. Je le sais parce que c’est là que j’ai appris que ma mère, elle aimait mon père. Même elle, ça se trouve, c’est là qu’elle l’a appris. Mon père, il était marin et il s’est noyé quand j’avais huit ans, mais on l’a jamais retrouvé. Quand on me l’a appris, j’ai rempli un verre d’eau salée et je l’ai laissé fondre au soleil. Y a pas de petite vengeance. Quand j’étais petite petite, je pleurais en fermant mes poings dans mes yeux comme pour frapper des images qu’avaient rien à faire là. Je pleure plus comme ça maintenant, mais je pleure toujours. Mon problème, c’est que quand je pense à la mer, je pleure, et que quand je pleure, je pense à la mer. Moi je crois que c’est pas un hasard si ça a le même goût. »

Plaidoyer poétique et surréaliste pour les figures du fou et de l’enfant, ce petit conte philosophique fragmenté est une ode autant qu’une critique aux débordements (in)contrôlés de l’imagination.

L’auteur : 

Gabor, 28 ans, est le lauréat du premier prix littéraire Où est Caen, créé par la Fondation Raymond Devos et le cherche midi éditeur. Ce prix récompense le travail d’un jeune auteur s’inscrivant dans l’univers de Raymond Devos, jongleur de mots et maître de l’absurde. 

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