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«Les contes défaits» d’Oscar Lalo

Que dire lorsqu’on sort d’une lecture comme celle-ci ? Dès les premières pages du livre, l’écriture fait penser au théâtre ou à un récital. C’est tout bon, parfois affreux. J’en suis sorti bouleversé, envahi par un sentiment de tristesse, d’impuissance et de révolte. 

Ce livre est horriblement délicieux. Horrible parce que le sujet, une enfance brisée, n’est pas très gai. Délicieux parce que le style est d’une riche finesse. Les phrases sont courtes, précises, sans amphigouris.

Devant ce sujet qui ne laisse pas indifférent, l’auteur, Oscar Lalo, réussit malgré tout à ne pas tomber dans le pathos ou les descriptions crades. Cet ouvrage, selon moi, est l’un des meilleurs que l’on puisse trouver sur le marché littéraire français contemporain, qui traite de ce sujet. Je dirais sans hésiter que ce livre est fou, fou et bon !

 

Extraits :

« Parfois, à défaut de parents, c’étaient des grands-parents qui attendaient sur le quai. Alors nous prenions acte de l’importance des grands-parents. »

« Toutes ces personnes existaient, avaient du relief. Toutes ces personnes affirmaient crânement qu’elles étaient libres. Les punitions qui s’ensuivaient étaient le prix de cette liberté. »

« La libération est venue d’une femme. Elle m’a dit que je pouvais tout dire, même rien. Que, dans ce silence-là, je pouvais exister. Je l’ai laissée parler, car l’idée qu’on pût me vouloir du bien sans m’abuser m’était inaudible. Je lui ai d’ailleurs avoué que je n’entendais pas. Que je n’entendais rien à rien. Que je ne comprenais pas. Que je ne comprenais pas pourquoi je n’entendais rien. Elle me répondit qu’elle, elle entendait. Elle entendait tout ce que je lui disais et, vertu plus précieuse encore, elle entendait surtout ce que je ne lui disais pas. »

Résumé :

Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent Les contes défaits.
L’histoire est celle d’un enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir.

Je suis sans fondations. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s’y inscrit s’évapore.

Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence…

Et c’est en écrivant l’indicible avec ce premier roman qu’il est entré de façon magistrale en littérature.

700647355e313436333437363035363532343638L’auteur :

Oscar Lalo a passé sa vie à écrire : des plaidoiries, des cours de droit, des chansons, des scenarii. Quand est venu le moment d’écrire Les Contes défaits, il n’y avait plus de mots disponibles. Alors il les a inventés, et il est devenu écrivain.

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